Ecran ou comptoir, carton plein pour le PMU

Par France-bet le 11/08/2011 à 08h43

Quel avenir pour les 10 000 points de vente PMU ?

C’était sans doute le grand absent le plus attendu du monde des parieurs en ligne. Il y a presque un an, l’autorité de régulation des jeux en ligne, l’Arjel, accordait enfin au PMU son agrément d’activité pour l’exploitation de paris hippiques en ligne. Pure logique pour l’historique pari mutuel français, actif depuis 1830.

pmu

Bar ou web, les deux variantes du pari hippique made in PMU peuvent donc désormais faire jeu égal. Chacune avec ses bons côtés, et de là ses adeptes. Version net, des offres canon (60 euros de paris offerts), des types de paris pléthoriques, des cotes en direct, des vidéos et bandes son live, des pronostics gratuits, des conseils pour gagner (sic), des enjeux, des coulisses, la présentation des chevaux et des jockers sous leur profil le plus détaillé… Difficile, pour la concurrence, de rivaliser avec l’opérateur historique, qui détient évidemment les meilleurs ficelles du métier et sait, depuis bien longtemps, les exploiter. Le PMU peut légitimement argumenter pour sa paroisse : il a vraiment été le premier à explorer les pistes du pari dématérialisé avec le 3615 PMU, lancé au début des années quatre-vingt-dix… Comptoir ou télématique, on joue déjà « comme on aime ».


Double stratégie 

                                                                                                        
Aujourd’hui, au bout du zinc, le parieur « en dur » résiste, pourtant. Le pari sur ticket a les préférences de ceux que l’informatique rebute encore et, surtout, des habitués d’un rite aussi convivial que bien français. On ne déboulonne pas comme ça les 10 000 points de vente PMU hexagonaux. Le peu de recul sur les chiffres de fréquentation prouve que les publics « net » et « bar », loin d’apporter une concurrence stérile au détriment du chiffre d’affaires au PMU, dope au contraire ses rentrées. Les chiffes parlent d’eux-mêmes : le PMU détient 80 % du marché des paris hippiques en France. Philippe Germond, grand patron du PMU, annonce pour le premier semestre 2011, 4,9 milliards d’euros d’enjeux, et une progression de 10 % du chiffre sur internet… Sans pour autant renier sa boutique du coin de la rue : l’activité de l’ensemble des points de vente s’est accrue de 2,6 % dans le même temps. Ce que confirment – sans excès - les patrons d’établissements labellisés PMU : les Français restent attachés aux points de vente, les habitués aiment recevoir leurs gains cash, les discussions à perte de vue sur le bon cheval ont toujours cours. Parier, c’est bien meilleur à plusieurs… Et, accessoirement, ça fait marcher le commerce. Explications de Philippe Germond à propos de l’insolente santé de sa belle entreprise : une offre de paris plus large, des courses à la pelle, mais aussi une excellente et inoxydable notoriété. Au-delà d’un « fossé générationnel », qui laisserait « les vieux » au bistrot et les jeunes frénétiquement rivés à leur souris, le pari hippique renouvelle son image par la même occasion. La triple entrée « hippisme, poker, sport » proposée par le site pmu.fr n’est sûrement pas totalement étrangère au regain d’intérêt de la clientèle 18-35 ans.


Le PMU toujours gagnant


Il fait dire que le PMU a su saisir le train en marche et multiplier les moyens de parier en gagnant toujours quelque chose : facilité (accès 24 h/24 et 7 j/7, abonnements, virement immédiat des gains sur compte bancaire…), mobilité (paris sur smartphone et tablette), appât de l’offre (60 euros de bonus de bienvenue sous conditions)… Avec un choix d’enfer sur les paris et les courses, cela commence à faire beaucoup, et à monter au nez de la concurrence. A tel point que le gendarme des paris dématérialisés s’en est ému : le PMU a dû revoir un peu sa copie, en promettant notamment une imperméabilité totale entre ses activités commerciales web et points de vente. Surtout, pas trop d’offres en commun, trop de ponts qui pourraient faciliter le pari global… Pour ne pas (trop bruyamment) coiffer au poteau les rivaux. Mais les dés sont pipés : le premier opérateur de paris en Europe, et deuxième entreprise de paris à l’échelon mondial n’a vraiment pas les mêmes armes que tout le monde.

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